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                               SummerVille.Chap.1

 

Emile Zola. Voila se que je lisais ... En ce moment je suis d'humeur à lire des nouvelles de meurtre et en allant à la bibliothèque je suis tombée sur un de ses livres dont une nouvelle s'intitulait Un mariage d'amour.
L'histoire de cette femme qui aime l'ami de son mari et qui, pour être sûr d'être avec lui pour toujours et sans être salie décide de tuer son homme avec l'aide de son amant. A la fin, l'amant et la femme meurt, ne pouvant plus supporter de vivre dans la peur que l'un ou l'autre se dénonce.
Des lâches, voilà se qu'ils sont. Si on décide de tuer quelqu'un d'innocent et par pure égoisme c'est cruelle. Je ne suis pas du genre à tuer des gens par pure égoisme, non. Si on décide de tuer quelqu'un par pure égoisme ca s'appel être un lâche.
Je soupire et ferme le livre d'un coup sec. Je regarde encore un peu la page de couverture marron avec écrit en grosses lettres dorés Nouvelle de meurtre. Puis je ramasse mon sac en bandoulière et le passe au dessus de ma tête. En me dirigeant vers l'accueil mon téléphone sonne se qui me vaut un regard noir de la bibliothécaire. Je la regarde du même air avant de décrocher :


- Oui ? Vite, je suis à la bibliothèque.
- Sarah, c'est Akim. Tu fais quoi après ?
- Je vais passer voir mon père pourquoi ?
- Ah ouais ? C'est rare ça !

 

Je crispe la machoire en esperant qu'il ne va pas se rendre compte que quelque chose cloche.

 

- Tu ne vas pas quitter la ville quand même ?
Je risque de faire une crise cardiaque avant d'entendre son rire sadique à l'appareil.
- T'es con, Soufflais-je.
- Ca va je rigole ! Destresse.. Je te rappelle après ok ?

 

Je n'attend pas et raccroche. Akim est sympa mais c'est aussi un criminel, si il se rend compte que je quitte la ville sans même finir mon " travail" ici, il n'hésitera pas à me faire un " coucou". Il me répète souvent que c'est grâce à lui que je suis encore en vie et sous un toît mais il ne sait pas que de la tune, j'en ai et que si je veux, je pars. Ce soir c'est le grand soir et je tiens quand même à dire aurevoir à mon père et à mon frère.
Je fais exprès d'oublier mon téléphone sur la dernière étagère de la bibliothèque et sors sans empreinter le livre. Je fais ça tout le temps et personne ne remarque rien vu que les anti-vols ne marchent pas.
En montant dans ma vielle Camaro grise je mets mes lunettes de soleil et la musique à fond, direction le Foyer de vie pour adultes Handicapés avec un léger pincement au coeur.


Quand j'arrive sur le parking du Foyer je remarque déjà l'ami de mon frère qui est en train de se balader avec une infirmière. Je claque la porte de la voiture en lui faisant coucou de la main. Lorsqu'il me voit, une grimace qui doit vouloir signifier qu'il est contant s'affiche sur son visage.


- Bonjour Thomas ! Comment tu vas aujourd'hui ?


Il agite sa tête de haut en bas tout en me tendant sa main tordue. Je la lui serre gentiment en demandant à l'infirmière où se trouve mon frère.


- Il est de l'autre côté sur la terrasse, il ne veut pas manger... Comme d'habitude.
- Merci, au revoir et bonne balade ! Dis-je à l'infirmière et à thomas tout en m'éloignant.


Je remarque de loin la chevelure touffue de mon frère jumeaux, une infirmière est avec lui et a l'air enervé :


- Aller Conrad ! Il faut que tu manges !


Mon frère fait exprès de faire tomber la purée par terre de sa main tremblante, se qui fait que tout tâche le sol. Je vois l'infirmière devenir rouge de rage alors je m'interpose vite entre eux :


- Conrad !


Mon frère me regarde avec un air d'éffroi et essai de se blottir contre moi en criant d'une voix fluète mon nom. Je le serre fort et fait des cercles sur son dos en jetant un regard meurtrié à l'infirmière :


- Se n'est pas en lui criant dessus qu'il acceptera de manger !


Elle ramasse la purée en soufflant puis repart à l'intérieur. Je prends sa place face à mon frère et lui essui la purée qu'il a sur son visage avec une serviette :


- Si tu continus à ne plus vouloir manger, tu vas maigrir...


Il se laisse faire en fermant les yeux. Ca me rends triste de voir ma copie exacte version homme avec les joues creuses, la bouche de travers et les mains qui tremblent sans arrêt.


- Je vais devenir folle si il t'arrive quelque chose, tu ne veux pas que je devienne folle , si ?


Il me regarde l'air tout triste en secouant la tête de droite à gauche alors je lui souris en lui caressant la main.
Je reste avec Conrad tout l'après-midi et avec moi, il accepte de manger. Je lui parle de tout et de rien tout en le promenant dans sa chaise roulante et je lui explique bien que ce soir je pars mais que je reviendrais le plus possible pour le voir. Je lui dis de manger même si se n'est pas moi qui lui donne parce que sinon, je devriendrais folle et avant de le quitter je le mets en pyjama et au lit. Je l'embrasse sur le front :


- Je t'aime, tu sais ?


Il me caresse la joue de sa main tremblante avant de se tourner pour dormir.
Je quitte le Foyer de vie vers 20h et à partir de ce moment là, mon plan se met en marche : Tout d'abord, je vais chez mon amie Soroya chez qui j'ai déposé mes valises hier. C'est trop dangereux de rentrer chez moi maintenant. Je la remercie de ne rien dire et lui donne de quoi s'acheter à manger pour une semaine puis je quitte sa maison à 21 heure. Je vais chez mon père en me garant un paté de maison loin de la sienne et fais le chemin à pied en m'assurant bien d'avoir mon flingue avec moi : Son cartier ,n'est pas du tout sûr et j'ai déjà eu pas mal de soucis... Je rentre chez mon père avec ma clef perso.


Il fait noir, seule la lumière de la lune rentre dans la maison. Mon père est endormi sur son canapé avec plusieurs bouteilles d'alcools à ses pieds.
Je fais un peu de rangement en m'assurant bien de ne pas le réveiller car Dieu seul sais qu'il est énervant quand il a la gueule de bois ! Je ferme les rideaux et lui dépose un baisé sur le front et la lettre que je lui est faite il y a une semaine. Dans cette lettre, je lui proposais de se suicider car il a été un père horrible, se qui est vrai. Je lui laisse aussi un pistolet à roulette russe avec une seule balle dedans.


Je sors enfin de chez lui vers 22h15 et me dirige au garage de chez Jimmy qui est tout le temps ouvert vu qu'il habite juste au-dessus. Il me rachète ma vielle Camaro pour pas chère et me vend une MG de 1967 noire. Je change ma plaque d'imatriculation et charge toute mes affaires dedans. Puis je remercie Jimmy et me mets en route. Sur le chemin, je déchire ma pièce d'identité et mon passport que je brule sur le bas-côté de l'autoroute et au moment de passer la frontière, j'ouvre la boîte à gant et récupère mes nouveaux papiers d'identité que le cousin de Jimmy m'a procuré avec un nouveau téléphone et je les passent à l'homme qui les regardent longtemps avant de me les rendres et de me sourire en disant :


- Bon voyage, Nella McCray.


Je lui souris et regarde ma montre. Je passe la frontière à 1h30. Je conduis toute la nuit et une fois devant un hôtel au beau milieu de nulle part je change de plaque d'imatriculation et prends une chambre pour la nuit. Le lendemain, je paie l'hôtel et pars en direction de SummerVille en abandonnant mon ancienne vie.